D’or et d’encens
Les ruines d’un ancien fort,
un peu d’absinthe – baume au corps –
pour mêler nostalgie et ivresse ;
se perdre dans des chemins de traverse.
Converser avec dieux et titans,
dans une antique cité
où tout n’est qu’or et encens ;
y débusquer la clé
la porte d’un paradis ouvrant.
Soleil éternellement couchant
cuivrant un horizon onirique
brodés sur un blason :
exceptionnelle héraldique !
Le rêve se termine,
autant le prolonger en poésie ;
autant lui attribuer quelques rimes
s’attachant à imiter l’ambroisie.
Alors la nuit deviendrait amphore
d’où coulerait un silence sonore,
et les étoiles, comme des prêtresses,
verseraient du vin noir sur le feu de ma détresse.
Quant à moi, pèlerin des vestiges,
je marcherais au milieu des prodiges,
effleurant des colonnes brisées
où dormiraient des gloires effacées.
Mais revenons au présent lorsque l’aube s’incline
sur les remparts couleur cendre,
je laisse ainsi au vent cette doctrine
puisque tout rêve mérite de s’étendre
jusqu’à devenir poésie battant chamade comme poitrine.