Poète maudit
Poète maudit,
tu erres dans les rues.
Personne ne t’avait dit
à quel point la vie est rude.
Tu marches le long du caniveau
pareil à un prophète ignoré
et dont l’âme en lambeaux
est telle une clope trop vite grillée.
Tu tires sur un mégot
bien loin du magot,
enviant les pirates et leurs butins,
les aventuriers et leurs catins.
Tu écris, sur des parchemins sans nom,
tes rêves sans fin.
La pauvreté, les haillons
sont ton triste lot quotidien.
Méprisés du plus grand nombre,
tes vers se perdent dans la nuit.
Et toi tu n’es plus qu’une ombre
qui se demande « pourquoi diable j’écris ? »
La solitude est ton refrain,
celui de la chanson de ta vie.
La poésie ton gagne-pain ?
Jamais de la vie !
Même les crève-la-faim
tournent les talons à ta vue.
Tu n’as été et ne seras jamais rien :
ta Muse passant totalement inaperçue.