Vues du poème : 6
Le bibliophile et les larmes d’or
Le bibliophile s’imagine
des saules dorés
sous lesquels pleurer
des larmes d’or.
Larmes qui seraient récoltées
pour calligraphier des trésors.
Il aime débusquer
tout type de lectures
et se prend à rêver
parfois d’écriture.
Qu’écrirait-il ?
De la poésie :
des mots la magie.
Qu’allierait-il ?
Encre, fil et cuir
pour extraordinaires reliures.
De quoi s’étourdirait-il ?
Du son des pages tournées.
Comment se définirait-il ?
La nuit bibliophile,
poète la journée :
rêvant de l’or des larmes calligraphiées.
Jeune j’ai été,
bibliophile itou ;
je rêve de cuir de Cordoue
et de fil d’Ariane
pour tisser un labyrinthe de mots
où se perdraient des colombes
avant que la mort ne m’arrache à ce triste monde.